Dossier de Guerre en Ukraine : Effraction dans une villa de Biarritz d’un proche de Poutine : un « acte nécessaire » pour un des militants

D’après France bleu, ils sont trois à être entrés par effraction dans la villa de l’ancien gendre de Vladimir Poutine à Biarritz. Arrêtés lundi, placés en garde à vue pour « violation de domicile » et « dégradations », l’un d’eux explique sur France Bleu Pays Basque la démarche et appelle le gouvernement français à agir.

Il est l’un des trois hommes entrés par effraction dans la villa du clan Poutine à Biarritz le week-end dernier. Pierre Haffner, bien connu au Pays basque pour avoir été l’une des figures des gilets jaunes, actifs notamment lors du G7 organisé en août 2019. Avec deux autre militants, dont Sergei Saveliev, un opposant politique réfugié en France depuis octobre 2021, ils comptaient accueillir des réfugiés ukrainiens dans cette villa, à la vue plongeante sur l’océan. Un vœux pieux, puisque lundi, ils ont tous les trois été arrêtés par la police. Libérés et alors qu’ils écoperont bientôt d’un rappel à la loi, Pierre Haffner évoque cet « acte nécessaire » au micro de France Bleu Pays Basque.

France Bleu Pays Basque  : Pourquoi cette action ? 

Pierre Haffner : Il y a des millions de réfugiés ukrainiens qui arrivent, ce sont des femmes et des enfants et ces gens-là, il faut les accueillir. Ici, nous avons un château qui a été construit par leurs assassins, par leurs agresseurs, en plus avec de l’argent mafieux. Un château vide acheté avec de l’argent que Poutine a volé à Saint-Pétersbourg. Qu’attend le gouvernement français pour réquisitionner ces biens et pour loger des gens ? Il y a aussi la villa de Lioudmila Poutine à Anglet. On peut y loger des familles. Le gouvernement français peut faire ce que font les gouvernements britannique, espagnols ou américains. Saisir les biens des oligarques. On ne va pas loger 4 millions de réfugiés, mais ceux qui seront là seront très bien, peut-être quelques dizaines de familles. 

Qui étaient les deux autres personnes avec vous ? 

Le deuxième, qu’on appelle Slavik, est venu ici en 2019 après avoir été emprisonné en Russie. Et le troisième, Sergey Saveliev, est arrivé en octobre 2020. Il a fait cinq ans de prison à Saratov. Il est informaticien et son travail en Russie consistait à classer les vidéos de tortures. Il est arrivé en France après avoir subtilisé 200 Gb de documents de torture sur un disque dur. Ils ont tous les deux sollicités le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) […] Et à Biarritz, on avait ce week-end un symbole. On avait des hommes qui dénonçaient les tortures du régime de Poutine dans son manoir, dans son château à Biarritz. Des hommes qui voulaient trouver une solution concrète, et la police qui a donné l’assaut de cet immeuble mafieux pour arrêter les lanceurs d’alerte de la population torturée.

Mis à part le symbole..? 

C’est un geste symbolique, certes, mais aujourd’hui il y a une guerre. C’est la Troisième Guerre mondiale qui a éclaté. Alors, il faut prendre notre camp. Aujourd’hui c’est les bombardements en Ukraine. Mais elle a commencé depuis longtemps, sous une forme hybride, c’est l’information, les services secrets, les terroristes, le trafic d’influence dans la sphère privée comme publique. Au niveau international, le message a trouvé une portée. À la télévision ukrainienne, en Allemagne, dans les journaux, au Guardian, et dans plusieurs journaux dans toute la France. On voulait faire passer ce message, sensibiliser le plus possible et un maximum de personne. Emmanuel Macron est à contre-courant et se fait trainer dans cette affaire. La France ne joue pas un rôle dirigeant pour stopper le néo-impérialisme russe, parce que c’est de ça dont il s’agit, un néo-impérialisme revanchard qui veut reconstruire l’Empire. « Euskal Herria ez da salgai » (le Pays Basque n’est pas à vendre) que l’on peut entendre ces derniers mois de manière récurrente, ça vaut aussi pour les oligarques russes. Surtout en cette période.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Retour haut de page