Orvault : le ras-le-bol d’un patron de PME victime de cambriolages à répétition


Un paysagiste d’Orvault a été la cible de quatre cambriolages successifs la semaine dernière. Il dénonce l’inaction des pouvoirs publics pour endiguer ce phénomène, fréquent sur la zone d’activité de la Pentecôte.

C’est un cri d’alarme que lance le chef d’entreprise d’Orvault, sur la zone d’activité de la Pentecôte. Il vient d’écrire une lettre au préfet, au député et au maire de la commune, après s’être fait cambrioler quatre fois entre le 22 et le 27 février. Des véhicules forcés, la porte de l’entrepôt fracturée, du matériel volé. Et derrière, rien n’est fait pour arrêter les auteurs, ni renforcer la sécurité sur le secteur, dénonce le patron de PME, Jérôme Lecomte. 

20.000 euros de matériel volé

Pourtant, le préjudice financier est conséquent pour cette société : 20.000 euros de matériel volé, sans parler des frais liés aux dégradations, et au renforcement du système de sécurité. Quatre cambriolages, et autant de dépôts de plaintes, de déclarations d’assurance et d’expertises

Le chef d’entreprise dit avoir identifié ses cambrioleurs. Des membres d’une communauté Rom voisine, selon lui, qu’il a reconnus sur ses images de vidéosurveillance, ou pris en flagrant délit. Deux des malfaiteurs auraient d’ailleurs été interpellés par la police lors du dernier cambriolage, précise Jérôme Lecomte, mais seraient ressortis de garde à vue sans poursuite.

On ne peut pas se permettre, selon les forces de police, d’arrêter ces individus, je cite, pour ne pas faire de vagues.

– Jérôme Lecomte, paysagiste

Aujourd’hui, le patron de cette PME a le sentiment d’être face à un mur. Seul pour défendre son entreprise. Mais Jérôme Lecomte insiste : il ne s’agit pas de stigmatiser la communauté Rom

« J’ai pleine conscience de la précarité dans laquelle ils vivent et on ne les aide pas. Donc, en fait, on les force à réagir comme ça aussi. Donc, ce n’est pas une communauté plus qu’une autre. C’est juste alerter sur le fait que quand nous on vient déposer plainte, qu’on prend le temps de le faire, on prend le temps d’expliquer, on prend le temps d’amener des preuves, qu’on soit entendus, écoutés, et qu’en face il y ait des réactions », souligne-t-il.

L’entreprise a loué un box pour mettre à l’abri son matériel. – Jérôme Lecomte

D’autres entreprises cambriolées

D’autant que plusieurs chefs entreprises de la même zone d’activité témoignent, eux aussi, d’avoir été la cible de cambriolages fréquents. Chez Fondasol, on dénonce des vols de carburants à répétition« C’est quasiment toutes les semaines », indique le directeur régional Marc Fleury, précisant que l’entreprise, pourtant équipée de caméras et de vigiles, a été également cambriolée l’année dernière. 

Au début on portait plainte, mais on n’y va même plus.

– Marc Fleury, directeur régional de Fondasol 

Même constat chez Maindron Traitements, cambriolée en novembre 2021. « C’est très traumatisant », confie Laurent Maindron, le gérant. Un préjudice de 10.000 euros de vol de matériel, 9.000 euros de frais de serrurier, et 6.000 euros de travaux destinés à renforcer la sécurité de l’entreprise. 

Vers un collectif d’entreprises ?

Plusieurs patrons de sociétés du parc d’activité de la Pentecôte envisagent de constituer un collectif pour mettre en place des rondes de vigiles par exemple, les soirs et week-ends. « Pourquoi pas, c’est du préventif mais pas du curatif. Il faut agir sur le fond », estime Laurent Maindron. 

Tous ces patrons souhaitent avant tout que la solution à long terme vienne des pouvoirs publics, qu’on donne plus de moyens aux effectifs de police. Le paysagiste Jérôme Lecomte espère que les chefs d’entreprises du parc d’activité de la Pentecôte puissent « se mettre autour d’une table avec les autorités pour aider ces populations et apaiser la cohabitation avec les entreprises proches ».

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